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Dossevi : « Au Togo, on m'appelle le blanc »

Dossevi : « Au Togo, on m'appelle le blanc »
« Du Togo, je connais surtout Lomé. C'est là que vivent mes oncles et tantes. Je connais également Dapaong où, lorsque j'étais à Valenciennes, j'ai mené une opération caritatives à hauteur de 5 000 ¤, avec les soeurs de Saint-Amand, pour des enfants malades du Sida.

Après, connaître les autres régions est difficile car contrairement au Mali ou au Ghana, il y a peu de routes.C'est le foot qui m'a donné la chance de découvrir ce pays que mon père a quitté à l'âge de 13 ans. La première fois qu'ils m'ont vu, là-bas, les supporters m'ont appelé le blanc, ce qui est devenu mon surnom dans l'équipe. Au Togo, le foot est partout. Dès qu'il y a un peu d'espace, on voit pousser deux poteaux et une barre pour des matches improvisés avec des gamins parfois pieds nus. Il y a aussi un petit championnat à Lomé, dont je ne saurais situer le niveau.

Autour de la sélection dont j'ai porté 25 fois le maillot, avec deux buts marqués, il y a évidemment une ferveur énorme. C'est assez paradoxal, car on vit le football de manière très décontractée et, à la fois, il y a une grosse pression. A chaque fois que je m'y rends, c'est un bol d'air. Ce ne sont pas des vacances, mais il fait chaud, les gens rient. Mais si les résultats ne suivent pas, ça peut déraper. On l'a vécu récemment avec notre élimination de la CAN face au Mali (le 12 octobre dernier) et le mini-drame qui s'en est ensuivi. Les militaires étaient là, mais ils n'ont pas pu empêcher l'envahissement du terrain, les jets de pierre... Les joueurs Maliens sont restés sur la pelouse pour partager leur qualification avec leurs supporters et les nôtres ont cru qu'ils voulaient chambrer. Il y a eu de nombreux blessés. Moi, je n'ai pas eu trop peur car j'avais déjà vécu ce genre de situation. Je suis rentré vite au vestiaire. C'est compliqué, ces moments-là. C'est à vivre... Comme la Coupe du monde 2006. Elle a été spéciale (NDLR : allusion au long feuilleton concernant les primes), mais je suis content de l'avoir vécue.

Actuellement, le sélectionneur est Stephen Keshi. Michel Hidalgo mène un audit pour choisir un nouveau sélectionneur qui convienne bien au Togo. Ce qui est sûr, c'est qu'on manque de structures et sans doute de gens plus compétents encore, notamment pour monter de véritables projets de formation. Car il y a un tel vivier. Actuellement, j'estime qu'on tire seulement 10% de ce qu'on pourrait tirer du football africain.Cette CAN au Ghana, j'aurais vraiment aimé la vivre. On a fait un tournoi là-bas et, franchement, ça donnait envie. Je pense que ça va être une belle édition. La dernière, en Egypte n'était il est vrai pas très spectaculaire.

Pour moi, c'est lieu au public, plus réservé dans le Nord du continent. Or, lors d'une CAN, l'enthousiasme manifesté dans les tribunes a une vraie influence sur le jeu pratiqué. J'en ai joué une au Mali en 2002, c'était magique.Cette année, pour moi, il y a cinq équipes qui se détachent : le Ghana, le Mali, le Cameroun et la Côte-d'Ivoire. Mais je mettrais bien un billet sur la Côte-d'Ivoire. »

Recueilli par P-Y ANSQUER.
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# Posté le jeudi 17 janvier 2008 06:59
Modifié le jeudi 17 janvier 2008 11:49

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